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L’architecture des Bords de Marne

En vérité, il faudrait plutôt parler d’architectures, selon que l’on traite des maisons privées, des bals et guinguettes, des clubs sportifs ou des ponts.

1) Les maisons particulières : toute la France est représentée.

En face du Pavillon Baltard, la Maison Normande existe toujours.

Les îles de la Marne furent les premières à être habitées, dès que furent ouvertes les lignes de chemin de fer de la Bastille et de Mulhouse. Le style normand, avec maisons à colombages, est alors à la mode.

Les propriétaires, souvent issus des milieux artistiques de la capitale, veulent recréer à deux pas de Paris, l’ambiance des bords de mer en vogue sous le Second Empire. On trouve encore un très beau spécimen de ce style de construction en face du Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne.




A l’entrée de l’Ile de Beauté, cette maison a été complètement massacrée par un ravalement intempestif.






De même, les nombreux séjours de l’Impératrice Eugénie sur la côte basque ne sont sans doute pas étrangers à la construction d’un certain nombre de maisons de ce style tout au long de la rivière dans les années qui suivront, notamment dans l’Ile de Beauté à Nogent.

Plus tard, dans les années 1880, sont édifiés de très nombreux chalets de style rocaille avec décors en bois apparents. Leur localisation sur les communes de Nogent principalement (qui incluait à l’époque ce qui allait devenir Le Perreux-sur-Marne), et accessoirement sur Joinville, dans la partie se situant dans le prolongement de Nogent, laisse à penser que le constructeur devait se trouver sur cette commune.








Le Chalet des Canotiers (1882-1885) a été reconnu par les Vieilles Maisons Françaises et la Demeure Historique.


Fragilisés par les matériaux employés (bois et plâtre), ils seront presque tous détruits par les inondations successives de la Marne. Pour les survivantes, elles finiront par disparaître dans les opérations immobilières des années 1980-1990 qui ont malheureusement rayé de la carte nogentaise tant de belles propriétés. Aujourd’hui, seules subsistent cinq de ces maisons qui ne sont pas sans rappeler les ‘folies’ du 18e siècle : on en trouve deux dans l’Ile de Beauté et une avenue Charles V, ceci pour Nogent ; une Quai de la Marne, près du pont, et une autre Avenue de Diane, ceci pour Joinville-le-Pont.





L’ancien garage Seyler au Perreux, à l’architecture intacte.



Au Perreux-sur-Marne ne subsistent plus que quelques pans de murs sur les quais d’Artois et de Champagne. Mais l’une des caractéristiques de nombreuses maisons situées en bord de Marne réside dans la forme du toit en coque de bateau renversée (au Perreux surtout).

Notons enfin, sur les quais du quartier de La Varenne-Saint-Hilaire à Saint-Maur-des-Fossés, toute une diversité dans les architectures, qui vont du château à tourelles au pavillon à toit de chaume, en passant par la maison normande ou basque, sans parler de l’ancienne demeure de Charles Trénet aux couleurs si voyantes.

Les constructions annexes :

Presque toujours, les maisons situées au bord de l’eau possèdent leur garage à bateau privé, désormais reconverti en garage à voiture. De même, des kiosques situés en bord de quai, permettent aux propriétaires de profiter de la vue sur la Marne (au Perreux, par exemple) ; mais on pense également qu’ils prenaient plaisir à voir circuler la foule des promeneurs, car on rencontre ce type de constructions également dans la côte du Pavillon Baltard à Nogent (ancienne « côte de Convert »), qui voyait passer des milliers de Parisiens venant de la Bastille (voir le court métrage de Marcel Carné « Nogent, Eldorado du Dimanche », 1929). Peints de couleur vives, dans les rouges et les verts notamment, ils apportaient une touche « bord de mer » à la Marne (on pense aux maisons des marins peintes avec les restes de peinture de leurs bateaux).

2) Les bals et guinguettes : du plus simple au plus grandiose

Le Bal du Robinson à Joinville-le-Pont, avec ses treillages en bois.




La petite guinguette est d’abord construite en planches. Très vite on y ajoute des bosquets avec pergolas et treillages en bois, les mêmes qui faisaient l’orgueil des parcs des châteaux du siècle des Lumières. Elles sont construites autour des arbres existants qui semblent traverser parfois leurs toitures.








Les Bibelots du Diable, près du barrage de Joinville, ont été remarquablement restaurés.


Très vite ces établissements vont avoir besoin de place et l’on va assister à une débauche d’imagination au niveau des styles. La mode du néo-gothique arrive des bâtiments ressemblant à des forteresses. Le plus connu, récemment restauré, s’appelait « Les Bibelots du Diable », situé Quai Gabriel Péri à Joinville-le-Pont, un bal « pour les noces en promenade ».








De « Convert » à Nogent-sur-Marne ne subsistent plus que les cabines de bain et deux marronniers.


Le chalet est également présent au niveau des guinguettes, comme le Chalet de la Pie à Saint-Maur. Mais c’est sur le bassin de Nogent-Joinville que l’on assiste à une compétition donnant naissance à des façades de théâtre plus incroyables les unes que les autres : le Casino Tanton, de l’architecte renommé Nachbaur, est du plus pur style nouille et Convert adopte le style mauresque ; tous deux font face aux bals de Joinville comme le Grand Bal Champêtre, style chalet évoqué plus haut, ou bien L’Elysée-Palace à la façade gigantesque ornée de statues, ou bien encore le bal Pompéi, tout droit sorti d’un péplum romain. On peut dire que l’imagination était au pouvoir !







3) Les ponts

L’ancien pont de Créteil avait inspiré Paul Cézanne.

Jusqu’au milieu du 19e siècle, il n’y avait que deux ponts pour traverser la Marne, l’un à Charenton, l’autre à Joinville (ancienne commune de La Branche du pont de Saint-Maur). C’étaient de magnifiques ponts de pierre, comme on en voit sur la Loire, qui ont fini par succomber à une trop forte densité de voitures sur les routes nationales.

Les très beaux ponts en fer ont également presque tous disparu. Comme sur la Seine, ils inspirèrent pourtant les peintres impressionniste : ceux de Créteil, Nogent ou Chennevières ont laissé la place à des anomalies architecturales.

Aujourd’hui, seuls subsistent 3 ponts d’époque : à Saint-Maur (le Pont du Petit Parc de 1911), à Maisons-Alfort un pont de la même date, et à Champigny, ainsi qu’une passerelle de 1894 entre Bry et Le Perreux. De quoi inspirer encore les peintres.

4) L’architecture industrielle :

Deux ensembles très importants subsistent en bord de Marne

L'ancienne usine du chocolat Menier à Noisiel, classé Monument Historique, actuellement occupé par le siège social de Nestlé, qui a procédé à sa restauration et a réussi à intégrer de façon remarquable et réversible des bâtiments fonctionnels en verre. C’est à l’emplacement d’un ancien moulin à eau que Jean-Antoine Brutus Menier, et surtout son fils Emile Justin, créèrent un véritable empire du chocolat. Le moulin fut reconstruit en 1871 par Jules Saulnier, tel que l’on peut encore le voir aujourd’hui avec sa superbe décoration de fleurs de cacaoyers, et le « M » des Menier. C’est toute une cité ouvrière qui se construit autour de l’usine, dans la plus pure tradition des grands industriels de la fin du 19ème siècle. On naît, on va à l’école, on se marie, on vit, on passe sa retraite et l’on meurt à Noisiel. On peut visiter aux Journées du Patrimoine et certains jours de l’année sur réservation.

Les usines de fabrication de pellicules de films à Joinville-le-Pont

Ancienne usine de fabrication des films Pathé à Joinville-le-Pont. Avec sa cheminée qui subsiste encore, et cette architecture centenaire, cet ensemble de bâtiments est toujours occupé par des industries liées au cinéma, non loin des studios Pathé qui ont été détruits et remplacés par des immeubles. Une réhabilitation de l’ensemble de ces bâtiments historiques pour l’histoire de Joinville et du cinéma français s’impose.


 

 

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