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Le cinéma

Les Studios de Joinville-le-Pont Pathé CinéRomans avant leur démolition.

Charles Pathé, pionnier du cinéma, construisit tout d’abord son usine de Vincennes, près du château en 1896, puis celle de Joinville-le-Pont (1906) pour la fabrication des pellicules cinématographiques et, plus tard, celle du Pathé-Baby (1923).

A Joinville-le-Pont, non seulement les bâtiments existent encore, faisant de ce site industriel un ensemble comparable à l’usine Menier à Noisiel, mais en outre, l’industrie cinématographique y est toujours présente, malgré les nombreuses difficultés économiques actuelles.

Dans cette même commune, l’usine Jougla, à Polangis, fabriquait des plaques pour les appareils photo. C’est donc dans cet univers déjà lié au 3e art que s’installèrent les studios. Ceux de Vincennes (1901), de Saint-Maurice en 1913 (devenu ensuite Paramount, puis Franstudio) et ceux de Joinville (Pathé-Cinéromans) en 1921. Tous trois eurent une fin tragique avec leur démolition et la construction d’immeubles à leur place : Saint-Maurice en 1971 (après un incendie dans les années 1960), Vincennes en 1986 et Joinville en 1991 (après un incendie en 1940).

De l’autre côté de la Seine, les Studios de Boulogne ne connurent pas meilleur sort. Et ce ne sont pas les noms de rues, évoquant quelques films tournés là, qui pourront leur redonner vie ! Fermés en 1992, ils seront démolis en 1995.

Et pourtant, que de films tournés dans ces studios, avec les plus prestigieux acteurs, notamment entre-deux-guerres.

A Boulogne-Billancourt, les plus récents de ces studios (1926 et 1942), parmi plus de 700 films qui y ont été tournés, notons : "Les Amants du Pont Saint Jean" de Henri Decoin (1947), "L’Amour d’une femme" de Jean Grémillon (1953), "Angélique, Marquise des Anges", de Bernard Borderie (1964), "Les Assassins de l’Ordre" de Marcel Carné (1971), "L’Auberge Rouge "de Claude-Autant-Lara (1951), "Banco à Bangkok pour OSS 117" d’André Hunebelle (1964), "Les Belles de Nuit" de René Clair (1952), "Le Blé en Herbe" de Claude Autant-Lara (1954), "Borsalino and co" de Jacques Deray (1954), "Le Bourgeois Gentilhomme" de Roger Coggio (1982), "Cent Mille Dollars au Soleil" de Henri Verneuil (1963), "Le Cercle Rouge" de Jean-Pierre Melville (1970), "César et Rosalie" de Claude Sautet (1972), "Le Dernier Métro "de François Truffaut (1980), "le Dialogue des Carmélites" de Philippe Agostini (1960), "Doucement les Basses" de Jacques Deray (1971), "Le Drapeau Noir Flotte sur la Marmite" de Michel Audiard (1971), "Fantomas" d’André Hunebelle (1964), "Le Gitan" de José Giovanni (1974), avec des scènes tournées à La Varenne-Saint-Hilaire, "La Grande Illusion" de Jean Renoir (1937), "La Grande Vadrouille" de Gérard Oury (1966), "Les Grandes Manœuvres" de René Clair (1955), "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938), "Juliette ou la Clé des Songes" de Marcel Carné (1950), "Madame de…" de Max Ophuls (1953), "Mayerling" de Terence Young (1968), "Monsieur Klein" de Joseph Losey (1976), "Mourir d’Aimer" de André Cayatte (1970), "Napoléon" d’Abel Gance (1925-1927), "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy (1956), "Nous Sommes Tous des Assassins" d’André Cayatte (1952), "Les Orgueilleux" d’Yves Allégret (1953), "Le Parfum de la Dame en Noir" de Louis Daquin (1949), "Le Plaisir" de Max Ophuls (1952), "Porte des Lilas" de René Clair (1947), "Pour la Peau d’un Flic" d’Alain Delon (1981), "Premier de Cordée" de Louis Daquin (1944), "Sous le Ciel de Paris" de Julien Duvivier (1951). "Le Tatoué" de Denys de la Patellière (1968), "Topkapi" de Jules Dassin (1964), "le Train" de John Frankenheimer (1964), "Trois Hommes à Abattre" de Jacques Deray (1980), "Les Vacances de Monsieur Hulot" de Jacques Tati (1953),





A Vincennes, les studios sont construits avant 1900, et c’est le royaume incontesté de Max Linder, ami des Pathé, et de Ferdinand Zecca, baptisé "Méliès bis", car très doué pour les trucages. "Première sortie collégienne" (1905), "Le Pendu" (1906), "Les débuts d’un patineur" (1907), figurent parmi les nombreux titres tournés par Max Linder dans les studios de la Rue des Vignerons. Maud Pathé relate dans un manuscrit inédit, "Sous l’aile du Coq", ces liens étroits qui liaient Charles Pathé à ses acteurs.

Charles Pathé, figure emblématique du cinéma dans le monde entier, avec le coq comme symbole de son entreprise, meurt en 1957 et est inhumé au cimetière de Vincennes.







A Joinville, Charles Pathé tourne les actualités cinématographiques, notamment le "Passage à niveau de Joinville-le-Pont" en 1896. Des scènes, censées se passer sur des fleuves africains, sont tournées sur la Marne ! Et les grands titres du cinéma français sont tournés aux studios de Joinville, parmi lesquels : "Pépé le Moko" (1936) de Julien Duvivier, avec Jean Gabin et Mireille Balin, "La règle du Jeu" (1939), "Nous, les Gosses" de Louis Daquin (1941), "les Visiteurs du Soir" de Marcel Carné (1942), "Les Portes de la Nuit" de Marcel Carné (1946), "French Cancan" (1954) et "Le Déjeuner sur l’Herbe", tous de Jean Renoir, "L’Argent" de Marcel l’Herbier (1928), etc…





Tournage du film "La Belle Equipe" aux Iles Mortes à Chelles-sur-Marne.



A Saint-Maurice, c’est Franstudio qui fait connaître cette petite ville dans le monde entier, avec des films comme : "les Trois Mousquetaires" (1953), "Le Bossu" (1959) et "Le Capitan" (1960) de André Hunebelle ou "La Traversée de Paris" de Claude Autant-Lara en 1956. Jacques Tati y tourne "Playtime" en 1967 et Gérard Oury utilise également ces studios pour "Le Cerveau" en 1969 et "La Folie des Grandeurs" en 1971.

Nombreux sont également les films tournés sur les bords de Marne, ne serait-ce que pour quelques scènes d’anthologie. Les plus célèbres : "La Belle Equipe" de Julien Duvivier en 1936, et "Pot-Bouille" du même Duvivier en 1957.


Simone Signoret, inoubliable "Casque d’or", accompagnait Serge Reggiani, Claude Dauphin et Raymond Bussières dans ce film mythique des bords de Marne.



"Casque d’or", de Jean Becker (1952), voit une partie tournée aux Studios de Boulogne pour les scènes d’intérieur, et les scènes d’extérieur à Annet-sur-Marne, mais en aucun cas à Joinville-le-Pont, une légende tenace qui a la vie dure, par le fait que le scénario situe l’action dans une guinguette à Joinville !









Dans "Le Diable au corps", Micheline Presles, la "Marthe" du roman, a séduit Gérard Philipe.



"Le Diable au Corps" (1946) avec Gérard Philipe (studios de Boulogne), "L’Impossible Monsieur Pipelet" d’André Hunebelle (1955), avec Michel Simon qui habitait à Noisy-le-Grand, non loin de la rivière. En 1970, Marc Allégret tourne "Le Bal du Comte d’Orgel", d’après Raymond Radiguet, natif de Saint-Maur. "Le Diable au Corps", roman du même Radiguet, nous montre la Marne à Charenton dans sa version cinématographique par Claude Autant-Lara (1946).






"Bande à part" dans un plan tourné à Saint-Maurice, devant l’église des Saints Anges Gardiens, avec Claude Brasseur, Anna Karina et Samy Frey.



"Mon Oncle" de Jacques Tati est tourné en grande partie devant l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur en 1958. Un groupe en bronze rappelle cette période avec Tati, son neveu et le chien qui tient la pipe dans sa gueule. Quant à Jean-Luc Godard, il tourne "Bande à part" en 1964, avec des plans à Charenton, Saint-Maurice et Joinville. De nombreux courts métrages ont également pour cadre les bords de Marne, après celui de Carné, comme "A la Varenne" de Jean Dréville (1933).

Pour tous ces films, tout un petit monde de machinistes, électriciens, charpentiers, peintres et décorateurs va évoluer autour des lieux de tournage et faire connaître les villes où sont situés ces studios. Certains vont devenir célèbres plus tard, comme Charles Trénet. Les artistes eux-mêmes vont se détendre dans les cafés et guinguettes des environs, contribuant ainsi à leur renommée ; quand ils ne vont pas flamber leurs gains aux courses de Vincennes, comme Jules Berry, entre deux scènes des "Visiteurs du Soir".

La télévision utilisera également à profusion le cadre des bords de Marne pour ses fictions ou films policiers.

Enfin, le départ de la SFP de Joinville pour Bry-sur-Marne, où l’on retrouve l’INA, la mémoire du film et de la télévision, fait que, de nos jours encore, toute cette banlieue sud-est de Paris est profondément imprégnée par un patrimoine cinématographique exceptionnel.




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