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Les Fêtes nautiques

Chacun sait que, dans l’histoire de l’humanité, l’eau, source de vie, a toujours eu une importance primordiale. Dès qu’une population importante a commencé à se concentrer autour d’une rivière, d’un fleuve, d’un lac, ou d’une mer, ce fut prétexte à de nombreuses festivités. L’histoire des bords de la Marne et de la Seine n’échappe pas à cette évidence.

Il faut distinguer deux catégories d’organisation de ces fêtes sur l’eau, ou autour de l’eau :

• Les fêtes organisées par les sociétés de canotage ou d’aviron.
• Les fêtes organisées par les communes.

Les fêtes des sociétés nautiques :

Eté 1938 : Neptune lors d’une fête de la Société Nautique En Douce

Les joyeux canotiers du Second Empire et de la Belle Epoque savaient organiser des fêtes. Leur imagination était incroyable, le tout dans une bonne humeur communicative à tous les promeneurs, très nombreux sur les berges.

- L’En Douce, créée en 1886 conserva jusqu’à sa disparition en 1974 la tradition d’une fête tous les ans sur un thème particulier : fête 1900, fête arlésienne, fête de Neptune, fête des bohémiens, etc… etc…

- De nombreux mois durant, tous les sociétaires échangeaient leurs idées sur la conception de la prochaine fête, au cours d’un bon repas. Puis les femmes des sociétaires confectionnaient les costumes qui ne devaient servir qu’une seule journée.




Programme d’une de ces fêtes annuelles (fin Juillet ou début Août) :

  • Courses en canoës barrés (messieurs et dames), en canadiennes (mixtes), et en canadiennes attachées (principe du tir à la corde), de 9h à 16h30.
  • Natation (traversée de la Marne) à 18h.
  • Sport Gai (dans le sens du début du siècle) : le rallye Bouboule. Comme aux 24h du Mans. 4 équipes de deux personnes se précipitent sur 4 canadiennes déposées sur un ponton ; ils doivent ensuite aller chercher des boules aux couleurs de leurs équipes dans la Marne ; en plus une boule blanche donne la victoire définitive à une des équipes. « Intervilles » n’a rien inventé !
  • Pantomime : la plus pure tradition italienne, que l’on retrouve dans le film de Marcel Carné « Les Enfants du Paradis », le même qui tourna « Nogent, Eldorado du Dimanche » … Il s’agissait souvent de créer la peur et l’inquiétude parmi les nombreux passants qui arpentaient les bords de Marne le dimanche. Une des traditions réelles était la suivante : les mariés traversaient la Marne en bateau à Nogent pour se rendre dans les guinguettes de Polangis. La pantomime consistait à installer de faux mariés sur une barque à font plat (la « plate »), bien surchargée d’invités, qui, pour une raison seulement connue de ceux qui se trouvaient sur cette embarcation, se trouvait à se remplir d’eau et à couler. Panique sur les berges… hilarité générale pour ceux qui étaient au courant !
  • Baignade générale à la fin du programme.
  • Distribution des prix à 19 h.
  • Banquet et Bal de Nuit à « La Pomme d’Api » à 19h30

La Fête de la Saint-Cochon de la FRI à l’Horloge.

La F.R.I. (Fédération des Rameurs Indépendants) n’était pas en reste. Sa fête annuelle, la Saint-Cochon, qui se déroulait dans le bâtiment de l’Horloge à Joinville-le-Pont, rassemblait un nombre impressionnant de convives, autour d’un repas constitué principalement, bien sûr, de tout ce qui pouvait se manger dans le cochon. Leurs excursions vers Lagny-sur-Marne, dans des tenues provocantes, ne sont plus connues que par de très rares photographies.





Le Club Nautique de la Bourse (Nogent-sur-Marne) organisait depuis 1933 la célèbre « Tête de Rivière », célèbre par son défilé final rassemblant toutes les embarcations. Elle avait lieu le 1er Mai de chaque année, au moment où les péniches restent à quai et ne posent aucun problème de partage du bassin. Les Cottez étaient la cheville ouvrière de cette manifestation qui réussissait à rassembler beaucoup de monde sur les berges. Pendant quelques années, le « Grand National à Huit », organisé par la F.F.S.A. (Fédération Française des Sociétés d’Aviron) a tenté de redonner vie à cette compétition sur le même bassin de Nogent-Joinville-Le Perreux-Bry et Champigny, mais en Octobre.

La Marathon de l’Encou était lié à la Fête du Petit Vin Blanc en 1987.

La Société Nautique de la Marne (Joinville-le-Pont) organisait également sa fête annuelle. En voici l’un des programmes pour le 19 Septembre 1897 :
- Courses à l’Aviron (course de fond, de Noisiel à Joinville en canoë barré)
- Concours de Photographies : sujet à caractère nautique.
- Banquet.
- Feu d’artifice

L’Encou (Société d’Encouragement du Sport Nautique) a fait survivre cette tradition jusqu’à ces dernières années par l’organisation de son célèbre Marathon, créé en 1982 à Nogent-sur-Marne.

Le Cercle de la Voile de Nogent-Joinville, disparu, organisait de nombreuses courses de voiliers sur ce bassin. Aujourd’hui, ce sport n’est plus pratiqué qu’à Saint-Maur, à la V.G.A. (Vie au Grand Air).

Les fêtes des communes :

En consultant les « Etats des communes à la fin du XIXème siècle », on se rend compte que la plupart des fêtes locales se déroulaient bien loin de la Marne. On en restait souvent à la traditionnelle fête de la rosière. Seul Créteil organisait une fête sur le Quai de Halage le 1er dimanche de Juillet.
Quant à Joinville-le-Pont, fidèle à sa tradition nautique, elle organisait déjà des courses de natation, des régates et une fête vénitienne. Un feu d’artifice clôturait la journée.

La fête vénitienne consistait à décorer les embarcations de toutes sortes avec des guirlandes, des fleurs, des lanternes et des lampions, afin de participer ensuite à un défilé de jour ou de nuit sur l’eau. On fit même venir de Venise à Joinville de véritables gondoles dans les années 1930. Déjà à Versailles, Louis XIV organisait de telles fêtes sur le Grand Canal.

Parmi les principales fêtes communales ou de quartier de l’époque, citons :

  • La Fête de La Varenne-Saint-Hilaire : un Carnaval d’Eté était organisé, au cours duquel on élisait la Reine de la Marne, avec ses demoiselles d’honneur.
  • La course au canard au « Moulin de Mon Tutu » à Saint-Maur.
  • La fête des Ondines à Joinville.
  • La Fête du Perreux à la passerelle, avec envol de montgolfière.
  • La Fête du Viaduc à Nogent-sur-Marne le 15 Août, avec courses d’aviron et joutes nautiques. Parfois même avec une fête aérostatique (lâcher de ballons).
L’une des dernières fêtes communales, ici à Joinville-le-Pont

Plus tard, la célèbre « Fête du Petit Vin Blanc » renoua avec cette tradition à Nogent-sur-Marne en 1953. La reine du Petit Vin Blanc était toujours une personnalité issue du monde du spectacle (cinéma, chanson ou télévision).

Les fêtes nautiques étaient reliées à cette manifestation gigantesque qui attirait tous les Parisiens et les médias. Puis, elle périclita, victime de son succès et du coût de l’organisation, et sans doute aussi parce qu’elle s’était éloignée de la Marne.

La Fête des Guinguettes à Joinville-le-Pont et les Fêtes de la Rentrée au Perreux-sur-Marne conservent encore quelque lien avec la Marne, même si ce n’est plus du tout comme avant. Le Festival de l’Oh ! a, quant à lui, une dimension départementale sur le Val-de-Marne, dont la Marne reste un élément essentiel.










Les Joutes Nautiques :

On ne pouvait alors imaginer une fête sur les Bords de Marne sans les joutes à la lance.

Les Joutes à la lance sur l’eau sont directement issues des tournois de chevalerie du Moyen-âge. Parmi d’autres communes, Joinville-le-Pont organisait ces joutes avec deux bateaux que l’on retrouve très souvent sur les cartes postales de l’époque : « Tiens-toi bien » et « Prends garde à toi » (qui n’est pas sans rappeler l’air du toréador dans « Carmen » de Bizet). On remarque que les joutes étaient au programme de presque toutes les fêtes sur l’eau, et attiraient un très nombreux public. Issues de la grande tradition des joutes lyonnaises et sétoises, ces démonstrations d’adresse et de force devraient faire leur réapparition sur les bords de Marne.
Voir le site http://jouteurs.de.lyon.free.fr





Les baignades

Par arrêté préfectoral du 31 Juillet 1970, les baignades en Marne furent interdites. Ainsi sonna le glas pour ce qui fut l’un des attraits principaux des bords de Marne. On peut dire que chaque commune avait sa ou ses baignades en rivière. Parmi les plus connues, citons :

La passerelle de Bry-Le Perreux était au centre de deux baignades réputées.


Les bains de la Gourdine à Lagny-sur-Marne. Disparus avec l’île.

La baignade de Chelles. Seuls les gradins sur la Marne subsistent.

Gournay-Plage, « le Deauville à portée de tous ». Disparue avec la réfection de la berge.

La baignade de la Passerelle au Perreux-sur-Marne. Disparue.



L’abbé Simon. Personne n’oubliera ses plongeons très risqués.



La baignade de l ’U.S.M. (Union des Sauveteurs de la Marne) à Nogent-sur-Marne.

Située près du viaduc, elle vit dans les années 1950 l’Abbé Simon effectuer son fameux plongeon de 35 mètres.

Les fonds ainsi récoltés pour ses exploits lui permettaient de restaurer des chapelles dans le Midi de la France. Disparue.












La baignade du Banc de Sable a été remplacée par le port de Plaisance de Joinville-le-Pont

Les bains chauds et froids au Pont de Nogent. Disparus.
La baignade de l’établissement Convert à Nogent-sur-Marne. Seules subsistent les cabines des baigneurs.
Le plongeoir de l’Ecole Militaire de Gymnastique (devenue ensuite l’Institut National des Sports) à Nogent-sur-Marne. Détruit lors de la construction du siège de la Fédération Française des Sociétés d’Aviron.
Les baignades de Joinville, près du pont : baignade du Banc de Sable ; baignade Terminus, plus connue sous le nom de « baignade Bérétrot », célèbre speaker des 6 Jours Cyclistes au Vel d’Hiv avant guerre (« Allô, allô, tous à l’eau chez Bérétrot ») ; et la baignade Pathé. Citons également la Plage de Joinville en aval du barrage. Toutes disparues.

Le « Beach » de La Varenne fut célèbre dans les années 1950-1960.

Le Beach de La Varenne. Une piscine en bord de Marne disparue pour la construction d’un immeuble et la création d’un très beau jardin public.

La plage de Champigny-sur-Marne, aujourd ’hui utilisée par le club d’aviron Red Star de Champigny. Tous les bâtiments d’origine subsistent, avec les cabines de bain. Un témoin à préserver.
La baignade de la Passerelle de Charentonneau à Maisons-Alfort ; disparue.
La baignade de Saint-Maurice près de l’ancien établissement Duchet. Seuls subsistent les gradins sur l’eau.


Des courses de natation étaient organisées également. Les plus célèbres, immortalisées par les cartes postales anciennes, eurent lieu à Joinville-le-Pont. C’étaient des Championnats du Monde, organisés en 1910 et 1911.
Le départ était parfois donné depuis le bâtiment flottant du Cercle de la Voile de Nogent-Joinville. Des plongeons vertigineux s’effectuaient du haut de tours implantées en Marne, notamment en aval de l’île Fanac. Une foule énorme, dans toutes sortes d’embarcations, assistait au spectacle, au plus près des plongeurs. Ainsi les bords de Marne étaient-ils devenus un haut lieu de la natation.

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