Histoire des Guinguettes
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Histoire des Guinguettes

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Les guinguettes des Bords de Marne

1968 : derniers jours pour la gare de Joinville sur la ligne de la Bastille






1856-1859
: le chemin de fer arrive sur les Bords de Marne (chemin de fer de Mulhouse et ligne de la Bastille). Et les Parisiens viennent découvrir de nouveaux paysages campagnards.







Le restaurant Jullien dans l’Ile Fanac à Joinville-le-Pont

La première guinguette s’installe dans l’Ile Fanac de Joinville-le-Pont : c’est le « Restaurant Jullien » décrit par Emile Zola dans son roman « Au Bonheur des Dames » (1883). Une architecture style chalet avec de la chaux vive et du bois naturel en décoration extérieure, dont il ne reste plus que quelques exemples le long de la rivière. En activité jusqu’à la seconde guerre mondiale, il prit le nom de « Portofino », puis « Chez Laly » avant d’être détruit et remplacé par une salle de l’Ecole de Musique communale, qui reprend les mêmes volumes.







Le Bal Convert à Nogent-sur-Marne

Avec le passeur qui relie les rives de Nogent-sur-Marne et de Joinville-le-Pont, une rivalité s’exerce entre les établissements : « Convert » et « Le Casino Tanton » à Nogent ; « La Péniche », qui deviendra « Chez Gégène » en 1918, « Le Petit Robinson » (créé en 1904 mais définitivement fermé en décembre 2006), « Le Grand Bal Champêtre », « La Petite Chaumière », « Pompéi » et « L’Elysée-Palace » (anciennement « Maxe ») à Joinville. Le Dimanche, les Parisiens arrivent par milliers depuis la station de Nogent avec la ligne de la Bastille, et descendent la « Cote de Convert » pour se répartir entre ces différents établissements. Près du barrage de Joinville, « Les Bibelots du Diable » accueillaient les noces en promenade ; le bâtiment existe encore, intact. Tout près « La Goulue » est une escale bien connue des bateaux parisiens.




Le Restaurant Clodoche à Chennevières-sur-Marne


Dans la boucle de Saint-Maur, bien connue des canotiers qui effectuaient le « Tour de Marne », on pouvait trouver les établissements suivants :
« le Restaurant de la Mère la Frite »,
« Au Matelot »,
« Le Restaurant de l’Ile d’Amour »,
« L’Ecu de France »,
« Le Vieux Clodoche »,
« Grosnier »,
« Le Restaurant des Tilleuls »,
« le Pavillon Bleu »,
« Le Restaurant du Pan Coupé »,

Le restaurant du Moulin Bateau à Bonneuil-sur-Marne



« Le Restaurant du Moulin-Bateau » (qui a fermé en 2005).

Et plus récents :
« La guinguette de l’Ile du Martin-pêcheur », qui renoue avec la tradition d’établissements situés sur une île,
« Le Moulin Vert »,
« La Bretèche »,
« Le Jardin d’Ohé »,
« Le Moulin de la Varenne »,
« Le Bord’eau »,
« le Charleston »,
« le Petit Ritz », devenu « La Grenouillère » (fermé depuis plusieurs années) ,
« Le Château des Iles », etc… etc…

Côté Créteil, c’est « Le Petit Cochon de Lait » qui attirait les promeneurs du dimanche sur le Bras du Chapitre, puis la guinguette du « Domaine de l’Ile Sainte-Catherine ».




La guinguette des 7 arbres à Maisons-Alfort



En aval, avant que la Marne ne rejoigne la Seine, on trouvait deux établissements très renommés, l’un à Maisons-Alfort « Les Sept Arbres », où une immense piste de danse permettait la tenue de grands bals, et l’autre en face, à Saint-Maurice « Chez Duchet », dont les bâtiments et marronniers centenaires ont été conservés.

En amont, et plus haut sur la rivière, « Le Verger » a succédé « Au Vrai pêcheur à la jambe de bois », puis « A Thélème », « A la Boulonnaise », « Au Coq d’Or » et « La Maison Challet » au Perreux-sur-Marne, ainsi que « Le Joyau de la Marne » à Bry-sur-Marne. Des restaurants avec terrasses sur l’eau existent encore au Perreux.


Les bords de la Marne à Noisy-le-Grand par Jules Scalbert (1908)


A Noisy-le-Grand, combien de canotiers ont fait escale à la Rive Charmante où se tenait « La Pergola », hélas récemment détruite, et qui constituait le dernier vestige d’une guinguette de la première génération, entièrement en bois, avec toutes ses inscriptions encore visibles. De même, « Chez Mimi la Sardine » y avait élu domicile en 1994, mais son existence fut relativement brève. En face, à Neuilly-sur-Marne, « La Guinguette de l’Ecluse » nous rappelle combien cette partie de la Marne est encore agréable de nos jours.


« En remontant la rivière, à Chelles et à Gournay, on pouvait trouver de très nombreux établissements. Citons notamment : le restaurant « Au Brochet », « la Maison Escaich », « Le Chalet Bleu », « A l’Ami Théo », « la Maison Juliette Maignan », « la Maison Dewolf », « la Maison Vannier », « la Maison Molidor », « Au Joyeux Pêcheur », « Au Rendez-Vous des Pêcheurs », « Au Canon de la Marne (Cronier) », « Correia », « Vigliani » , « Mottheau », « Damotte », « Thommen », « Arnout », « Régnier », « Restaurant Emile », « Restaurant Maxime, anct Roux », etc... etc...

Ancienne recette de la gibelotte de lapin, plat traditionnel des guinguettes







« La guinguette du Pont de Gournay » aurait été fondée dès 1780.

En 1924, un menu du Restaurant « A la Pointe de Gournay » propose la friture de Marne (des goujons) à 4 francs et la matelote d’anguilles à 4 francs également, ainsi qu’un poulet rôti cresson à 5 francs. Le lapin sauté, traditionnel dans les guinguettes, n’est pas sur leur carte.







Le hameau du halage à Dampmart et sa guinguette




Enfin à Champs-sur-Marne, le « Café Roqueirol » voit le tournage du célèbre film « La Belle Equipe » dans les Iles Mortes de Chelles en 1936. Tandis qu’à Précy-sur-Marne, près de l’écluse de Chalifert, s’est installé « Le Canotier » ainsi que « L’Ermitage » et, à Condé-Sainte-Libiaire, « L’Ile des Cygnes » et « La Traction ».






C’est cette profusion d’établissements qui a fait dire à certains qu’il y avait plus de 200 guinguettes sur les Bords de Marne. En fait, il faut faire la part des choses entre les restaurants, qui devaient sans doute occasionnellement accueillir des musiciens ambulants et les vraies guinguettes avec salle de bal et musiciens réguliers. De même, certains établissements éphémères et repris plusieurs fois de suite au même emplacement ont fait multiplier ces chiffres de façon non contrôlée. Une seule chose est certaine, c’est qu’ils étaient très nombreux et ont eu une activité florissante jusqu’à la seconde guerre mondiale pour la plupart.

Tel n’est plus le cas aujourd’hui. Après une renaissance certaine dans les années 1990, plusieurs de ces établissements ont fermé très récemment, et non des moindres : « Chez Mimi la Sardine » à Noisy-le-Grand. « Le Restaurant de l’Ile du Moulin-Bateau » à Bonneuil, une ancienne guinguette qui existait depuis plus de 100 ans. Et enfin « Le Petit Robinson » à Joinville-le-Pont.



Est-ce la fin des guinguettes des Bords de Marne ? Ou bien un nouveau renouveau est-il à attendre après une de ces nombreuses périodes de crises connues par la Marne ?

 

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