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Historique de la peinture des bords de la Seine et de la Marne

Chez M.Chambellan, constructeur à Bougival", par Roger Jourdain (1879)

Ils ont suivi l’évolution de la construction des voies ferrées depuis Paris. Pendant longtemps, la Seine s’est attribuée la seule paternité des peintres impressionnistes venus sur ses berges. Bien sûr, ils ont l’antériorité sur la rivière, puisque l’accès à la Seine par le train est antérieur à celui de la Marne. Ensuite, ce sont d’autres noms bien connus des milieux artistiques, qui sont venus découvrir le charme d’un fleuve encore préservé, avec des ponts aux lignes harmonieuses et des couleurs chatoyantes.

  • Pierre-Auguste Renoir : "Vue de Bougival", vers 1872.
  • Pierre-Auguste Renoir : plusieurs toiles sur La Grenouillère : "La Grenouillère", 1889, au Musée Pouchkine à Moscou, une autre de 1869 au National Museum de Stockholm, une autre au Metropolitan Museum de New-York, une autre à la National Gallery de Londres, une autre à Winthertur en Suisse, etc…
  • Miranda dessine également La Grenouillère et ses baigneurs en 1873
  • Victor Geruzez, dit "Crafty", dessine encore La Grenouillère (1869).
  • Albert Robida croque les personnages les plus célèbres des bords de Seine et des bords de Marne (1880).
  • Ferdinand Lunel dessine encore cette même Grenouillère en 1892.
  • Théophile-Alexandre Steinlein la dessine aussi en 1892
  • Pierre Brissaud la dessine enfin vers la fin de l’existence de ce haut-lieu des Bords de Seine, en 1914
  • Maurice Leloir peint la maison Fournaise en 1876.
  • Pierre-Auguste Renoir peint toute la famille Fournaise dans divers portraits (de 1875 à 1883). Tableaux à New-York et Saint-Pétersbourg notamment. Il peint "Les Canotiers à Chatou", National Gallery of Art à Washington et, en 1881, le fameux "Déjeuner des Canotiers", Collection Phillips à Washington. "La yole", 1879, se trouve quant à elle à la National Gallery de Londres.

  • "Sur la Terrasse", vers 1879, par Pierre-Auguste Renoir (Art Institute of Chicago). En arrière-plan, des canotiers et un voilier.
    Claude Monet : nombreuses toiles sur la Seine. "Le bateau-atelier ", un sujet rare (1875 et 1876), ou "Carrières-Saint-Denis ", en 1871, au Musée d’Orsay. "Le Pont de Bougival " (1869), à Manchester, "La Seine à Bougival, le soir " (1870), aux U.S.A., "Le bassin d’Argenteuil " au Musée d’Orsay, etc…
  • Gustave Caillebotte peint surtout sur l’Yerres des périssoires célèbres en 1877, National Gallery of Art à Washington. Mais également en Seine, comme ces "Régates à Argenteuil ", 1893.
  • Edouard Manet (1832-1883) pose également son chevalet sur les bords de la Seine, à Argenteuil notamment : "Boating ", 1874, au Metropolitan Museum of Art, New-York, collection H.O.Haveleyer.
  • Berthe Morisot, peint Manet et sa fille à Bougival en 1881.
  • Clément Quinton, qui a surtout peint la Marne, a posé son chevalet à Bougival en 1885 pour une scène de canotage.
  • Alfred Sisley : tant de toiles sur la Seine ! Marly, Port-Marly, Le Vésinet, Saint-Germain-en-Laye, Louveciennes et sa fameuse "Neige ", Marly-le-Roi, etc… Tant de toiles célèbres dans le monde entier.
  • Camille Pissarro : "Coteaux du Vésinet ", 1871, au Musée d’Orsay, de même que le "Lavoir de Port-Marly ", 1872.
  • Maurice de Vlaminck a été charmé par les "Voiles à Chatou ", 1905, et par plusieurs scènes à Bougival ou au Pecq.
  • Vincent Van Gogh (1853-1890) peignit peu sur la Seine ou l’Oise. Notons toutefois "Bank of the Oise at Auvers ", 1890, au Detroit Institute of Arts, don de Robert H.Tannahill.
  • Meissonier.
  • André Derain : "La Seine à Carrières-sur-Seine", 1905, à Fort-Worth, au Texas.
  • Lucien Gilbert (1881-1947) : "Bords de Seine devant la Maison Fournaise", au Musée Fournaise.
  • … et quelques autres !

De tous ces artistes, un certain nombre est passé de l’autre côté de la capitale, pour voir ce qu’il y avait à peindre.

En effet, depuis des temps lointains, la Marne a toujours possédé le charme et la beauté de ces rivières de l’Ile-de-France, serpentant au milieu de la verdure par des boucles renommées, parsemée d’îles, sous un ciel nuancé et une lumière changeant au fil des heures, des jours et des saisons.

Un tel site ne pouvait qu’inspirer les peintres.
Ceux du 18ème siècle furent sans doute les premiers à découvrir cette beauté naturelle :

  • Antoine Watteau (1684 – 1721) : "L’Embarquement pour l’île de Cythère" (1717 – Musée du Louvre). Très certainement inspirée du paysage de Nogent-sur-Marne, où il décéda quatre ans plus tard, cette toile représente de grands platanes que l’on voit encore dans le parc de la Maison des Artistes et, au loin, la Marne.
  • François Boucher (1703-1770) : plusieurs toiles sur le pont de Charenton et ses moulins à eau.






Puis vint le chemin de fer … Ecrivains et peintres embarquèrent de Paris vers la nouvelle Cythère des bords de Marne :

  • Le Pont sur la Marne à Créteil, par Paul Cézanne (1883)
    Camille Corot (1796 – 1875) fut sensible à la beauté des arches majestueuses de l’ancien pont de pierre de Joinville-le-Pont.
  • Camille Pissarro (1830 – 1903) habita plusieurs années à La Varenne-Saint-Hilaire. Il peignit de nombreuses vues du coteau de Chennevières-sur-Marne : "Bords de Marne en Hiver" (1866 – The Art Institute of Chicago), "Paysage à La Varenne-Saint-Hilaire" (1864 – Kunstmuseum de Bern), "Le Bac de La Varenne" (1864 – Musée d’Orsay de Paris). Egalement un autre au Musée d’Edimbourg.
  • Jean-Baptiste Guillaumin : "Le Port de Charenton" (1878 – Musée d’Orsay), "Le Viaduc de Nogent ".
  • Paul Cézanne (1938-1906) : plusieurs tableaux sur les bords de Marne, souvent anonymes et intitulés "Bords de Rivière", dont un au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, ainsi que "Le Pont sur la Marne à Créteil " (1883 – Musée Pouchkine à Moscou).
  • Henri Rousseau, dit "Le Douanier" (1844 – 1910) : "La Fabrique de Chaises à Alfortville" (1897 – Musée d’Orsay à Paris).
  • Ferdinand Gueldry (1858-1945) est le spécialiste des scènes de canotage et d’aviron : "L’éclusée" (1888 – Musée Saint-Denis de Reims ), "Le Saut du Barrage" (1895 – Hôtel de Ville de Joinville-le-¨Pont), "Aux sources du Canotage – Sur la Tamise" (1896 – Musée de Nogent-sur-Marne), "Les Canotiers" (Musée Henri Martin de Cahors). Qui d’autre que cet artiste-peintre aurait su tout au long de sa vie traduire avec une incroyable exactitude la vie des canotiers sur la Seine, la Marne et même la Tamise ?
"Mise à l’eau d’un huit sur le ponton de la Société Nautique de la Marne à Joinville-le-Pont", esquisse de Ferdinand Gueldry.









Ferdinand Gueldry avait tous les atouts en mains : une jeunesse dorée qui lui permit de s’adonner à son sport favori, l’aviron, et de suivre intensément des cours à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, avec le Maître Gérôme, et surtout un talent inné.

Aussi, ses premiers sujets furent-ils ses amis rameurs de la Société Nautique de la Marne de Joinville-le-Pont, dans l’île Fanac. Cette société d’aviron existe encore, récemment reconstruite à l’identique après un incendie en 2005.







"L’embarquement" par Ferdinand Gueldry.

Le canotage était encore très en vogue dans les années 1880 – 1890, même si des bateaux de compétition commençaient également à être construits dans les différents chantiers des bords de Marne, à Joinville, à Saint-Maur et au Perreux. Aussi, ce sont aussi bien des scènes de sorties vers Chelles ou Lagny en canoës français, que des courses très colorées et animées qui l’intéressaient. "Le Saut du Barrage" (Hôtel de Ville de Joinville-le-Pont) nous permet de comprendre ces grandes excursions sur la Marne, qui allaient parfois jusqu’à Meaux.

Il peignit aussi beaucoup sur les bords de la Seine, aux endroits mêmes ou les impressionnistes avaient déjà trouvé leur inspiration. L’œuvre de Ferdinand Gueldry s’en dégage par un souci plus grand de la vérité dans les détails, aujourd’hui source iconographique inestimable, notamment pour les costumes des canotiers et canotières.

Arbitre international d’aviron, il se rendit plusieurs fois en Angleterre sur la Tamise, aux célèbres régates d’Henley. "Sur la Tamise" (au Musée de Nogent-sur-Marne) est l’un de ses chefs d’œuvre, qu’il conserva chez lui jusqu’à ses derniers jours.

Ferdinand Gueldry peignit également d’autres sujets : scènes d’usine, paysages en Bretagne ou dans le Midi de la France, et des portraits. Mais c’est toujours vers l’eau, dont il savait traduire toutes les nuances et les reflets sur la toile, qu’il revenait. Est-ce pour cette raison qu’il décida, à la veille de la seconde guerre mondiale, de venir au bord du lac Léman, avec toute sa famille, afin d’y finir ses jours paisiblement ? La vue quotidienne qu’il avait depuis son grand appartement de Pully, et le souvenir de ses promenades fréquentes vers le port d’Ouchy, sur le Lac Léman, semblent bien confirmer cette thèse. Jusqu’à son dernier soupir, il aura conservé avec lui le souvenir des courses gagnées avec son frère Victor sur la Marne et sur la Seine, ainsi que la fraternité, la convivialité et l’esprit de compétition qui animent encore ce milieu sportif aux traditions anciennes.

  • "Le Casino Tanton à Nogent-sur-Marne" par Lucien Génin (Musée de Nogent).
    Fresque de la Mairie de Nogent-sur-Marne par Adrien Karbowski (1889)
    Albert Marquet (1875-1947) : "La Marne à La Varenne" (1913 – Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris).
  • Raoul Dufy (1877 – 1953) : "Canotiers, bords de Marne" (l’Encou et l’Ile des Loups à Nogent-sur-Marne, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris), "Nogent, Pont rose et Chemin de Fer" (Musée des Beaux-Arts au Havre).
  • Lucien Génin, qui peignit souvent le bassin de Nogent-Joinville : "Le casino Tanton", vers 1930, au Musée de Nogent.
  • André-Albert-Marie Dunoyer de Ségonzac : "La Marne à Chennevières" (1950 – Musée de l’Ile-de-France à Sceaux), "Autour du Pont de Chennevières" (1950 – Musée de l’Ile-de-France à Sceaux).
  • Albert Capaul, fin 19ème siècle, qui laissa de nombreuses aquarelles de l’actuel Val-de-Marne, souvent datées (Archives Départementales).
  • N’oublions pas également tous ces artistes qui ont orné de leurs fresques murales les hôtels de ville des communes des bords de Marne par des scènes liées aux paysages et à l’histoire de ces villes : Charles Bricoux à Joinville-le-Pont (1911-1913), Adrien Karbowsky à Nogent-sur-Marne (1889), Charles Fouqueray à Vincennes (1939), F.Geo-Roussel à Charenton (1887) ou Léon Félix à Saint-Maurice (1927).
  • … et quelques autres !
















"Péniches sur la Marne" par Maxime Secqueville

Au-delà de ces noms prestigieux, de renommée mondiale, de nombreux artistes contemporains trouvent encore l’inspiration sur des bords de Marne qui ont su conserver tout leur charme, ce qui n’est hélas plus le cas sur les bords de Seine où les impressionnistes venaient également peindre.

Citons, entre autres, Roger Quintaine ("Le Pavillon Baltard", au Musée de Nogent-sur-Marne), Maurice Boitel, Paul Girol (de nombreuses toiles sur Saint-Maur-des-Fossés) et Maxime Secqueville (1935-1996), digne héritier de ces impressionnistes, qui avait su transposer sur la toile, avec la sensibilité qu’on lui connaissait, toute l’âme des bords de Marne.


Aujourd’hui, c’est au travers d’une association très originale, créée en 1990, "L’Ecole des Bords de Marne", que l’on retrouve de nombreux artistes qui posent encore leurs chevalets sur les bords de la rivière, afin de faire partager leur immense talent au public.


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