Histoire des Guinguettes
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Les premières guinguettes hors Paris : les Bords de Seine

Le bureau d’octroi de Bercy en janvier 1910





C’est dans la capitale que s’établirent les premières guinguettes, sans doute au 18ème siècle. Au fur et à mesure de la construction des diverses enceintes édifiées pour protéger Paris, ces établissements se déplacèrent « hors les murs » afin d’échapper au fameux octroi qui taxait les denrées et les vins.





Les fortifications de Paris et la banlieue.






Napoléon III engloba ainsi dans la capitale tous les petits villages dont on connaît encore les noms : Charonne, Belleville, Vaugirard, Bercy, etc… Les fameuses fortifications, dont il ne subsiste plus aujourd’hui que quelques vestiges, notamment entre Bercy et Charenton, formèrent une limite qu’il fallait franchir en payant l’octroi.






La Closerie des Lilas par Jules Chéret (1894)




Des guinguettes bien connues à l’époque, comme celles du quartier de la Courtille, disparurent, tandis que d’autres tinrent bon, comme « Le Moulin de la Galette », ou « Le Billard en Bois » (devenu « La Bonne Franquette »), peint en 1886 par Vincent Van Gogh. Mais la plupart durent s’exiler au-delà des nouveaux murs, ceux qui se substituèrent au fameux Mur des Fermiers Généraux, dont on disait : « le mur murant Paris rend Paris murmurant ». Il fut l’une des cibles dans les cahiers de doléance de la révolution de 1789.

C’est par l’arrivée du Chemin de Fer, la ligne de Saint-Germain étant la première ligne ouverte en 1837, que les Parisiens purent enfin sortir aisément de la capitale et rejoindre les guinguettes à la campagne.









Musée de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine

Avec un vignoble important aux alentours, les villes de Suresnes, Chatou, Bougival, Croissy-sur-Seine et Rueil-Malmaison accueillirent ainsi de nombreux établissements, dont les plus connus sont « La Grenouillère » et le « Restaurant Fournaise ». Un musée rappelle l’existence du premier à Croissy-sur-Seine, tandis que l’autre fonctionne encore, sur l’Ile des Impressionnistes à Chatou, jouxtant un musée également. Chez « Fournaise », les artistes aimaient à se retrouver, dans un paysage verdoyant, offrant de belles perspectives sur les ponts métalliques aux courbes parfaites. Renoir y a peint son fameux « Déjeuner des Canotiers » qui se trouve aux Etats-Unis dans la collection Morris.

Les derniers jours de la Grenouillère en 1921.

Le Bal de la Grenouillère a été suivi par bien des artistes. Maupassant était un fidèle de ces lieux. Tout comme Claude Monet ou Pierre-Auguste Renoir, qui ont fait plusieurs toiles, fort célèbres, de la petite île en forme de camembert, si caractéristique de l’établissement. Celui-ci exista de 1852 à 1928.

Le déjeuner des Canotiers » au restaurant Fournaise à Chatou par Auguste Renoir, 1881, collection Phillips, Washington






La Maison Fournaise fonctionna de 1857 à 1907. Ce n’est que très récemment qu’elle fut restaurée et que cette activité fut reprise. On peut y déjeuner à l’emplacement même où se trouvaient les canotiers peints par Renoir.







Le « Bal des Canotiers » à Bougival

Le « Bal des Canotiers » à Bougival exista de 1870 à 1939. Il n’en reste plus rien. Tout comme « Le Coq Hardi ». Par contre, le restaurant « Au Cheval Noir » est encore là.

Moins connu, l’ancien restaurant Giquel à Rueil-Malmaison, créé en 1875 par Adolphe Giquel, a été sauvé de la démolition il y a quelques années et restauré par une association. C’était également un garage à bateaux. Mais, pour lui, comme pour l’Ile des Impressionnistes, le cadre des bords de Seine a été complètement ravagé par d’immenses ensembles immobiliers ou industriels, dont on a du mal à imaginer qu’il ait pu inspirer des peintres !

Restaurant Gicquel à Rueil Malmaison

Disparu aussi « Le Restaurant Lemaire » dans l’Ile Fleurie à Carrières-sur-Seine. Par contre, à Neuilly-sur-Seine, un authentique établissement, survivant parmi tant d’autres à la promotion immobilière, a été réhabilité en 1997 : « La Guinguette de Neuilly ». Et, à Pontoise, on trouve une « Guinguette des Artistes ».

A Colombes, la « Guinguette du Moulin Joly », située sur l’Ile des druides (ou Ile Marante), nous rappelle l’existence d’un droit coutumier : un moulin existait en ce lieu ; démoli en 1811 et reconstruit en 1830, il sera, selon le droit coutumier, transformé en guinguette. Ce « coutumier » consistait en une autorisation pour les meuniers de pouvoir exploiter quelques arpents de vigne autour des moulins, de pouvoir servir le produit de la vigne, un petit vin aigrelet, une piquette, et de donner à manger une galette préparée au moulin.

Des projets de réhabilitation existent également, comme pour l’ancienne guinguette de la Butte-Pinson à Montmagny, qu’une association voudrait réhabiliter.

Aujourd’hui, on peut dire que, si de nombreux artistes-peintres n’avaient été inspirés par ces lieux, afin d’apporter un témoignage sur leur beauté d’antan, la mémoire collective aurait complètement oublié ces sites, pour la plupart disparus ou défigurés. Quant aux écrivains, comme Guy de Maupassant ou Emile Zola, ils apportent leur témoignage, par leurs ouvrages, sur la grande activité de ces bals, guinguettes et restaurants des Bords de Seine, ainsi que sur la pratique du canotage. Certains artistes, comme Gustave Caillebotte, avaient construits eux-mêmes leur propre voilier. Une association renommée « Sequana », située dans l’Ile des Impressionnistes de Chatou, fait revivre cette époque, notamment en restaurant des bateaux anciens construits sur les Bords de Seine ou les Bords de Marne, ou bien même en en reconstruisant certains comme le « Monotype de Chatou », un voilier typique de ces Bords de Seine.

Les bords de l’Oise à l’Isle-Adam en 1912

Enfin, n’oublions pas les bords de l’Oise qui, entre Auvers-sur-Oise et l’Isle-Adam, ont vu également baignades et guinguettes attirer un grand nombre de Parisiens.

 





 

 

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