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Les premières guinguettes hors Paris : les Bords de Seine
Napoléon III engloba ainsi dans la capitale tous les petits villages dont on connaît encore les noms : Charonne, Belleville, Vaugirard, Bercy, etc… Les fameuses fortifications, dont il ne subsiste plus aujourd’hui que quelques vestiges, notamment entre Bercy et Charenton, formèrent une limite qu’il fallait franchir en payant l’octroi.
Avec un vignoble important aux alentours, les villes de Suresnes, Chatou, Bougival, Croissy-sur-Seine et Rueil-Malmaison accueillirent ainsi de nombreux établissements, dont les plus connus sont « La Grenouillère » et le « Restaurant Fournaise ». Un musée rappelle l’existence du premier à Croissy-sur-Seine, tandis que l’autre fonctionne encore, sur l’Ile des Impressionnistes à Chatou, jouxtant un musée également. Chez « Fournaise », les artistes aimaient à se retrouver, dans un paysage verdoyant, offrant de belles perspectives sur les ponts métalliques aux courbes parfaites. Renoir y a peint son fameux « Déjeuner des Canotiers » qui se trouve aux Etats-Unis dans la collection Morris.
Le Bal de la Grenouillère a été suivi par bien des artistes. Maupassant était un fidèle de ces lieux. Tout comme Claude Monet ou Pierre-Auguste Renoir, qui ont fait plusieurs toiles, fort célèbres, de la petite île en forme de camembert, si caractéristique de l’établissement. Celui-ci exista de 1852 à 1928.
Le « Bal des Canotiers » à Bougival exista de 1870 à 1939. Il n’en reste plus rien. Tout comme « Le Coq Hardi ». Par contre, le restaurant « Au Cheval Noir » est encore là.
Disparu aussi « Le Restaurant Lemaire » dans l’Ile Fleurie à Carrières-sur-Seine. Par contre, à Neuilly-sur-Seine, un authentique établissement, survivant parmi tant d’autres à la promotion immobilière, a été réhabilité en 1997 : « La Guinguette de Neuilly ». Et, à Pontoise, on trouve une « Guinguette des Artistes ». Aujourd’hui, on peut dire que, si de nombreux artistes-peintres n’avaient été inspirés par ces lieux, afin d’apporter un témoignage sur leur beauté d’antan, la mémoire collective aurait complètement oublié ces sites, pour la plupart disparus ou défigurés. Quant aux écrivains, comme Guy de Maupassant ou Emile Zola, ils apportent leur témoignage, par leurs ouvrages, sur la grande activité de ces bals, guinguettes et restaurants des Bords de Seine, ainsi que sur la pratique du canotage. Certains artistes, comme Gustave Caillebotte, avaient construits eux-mêmes leur propre voilier. Une association renommée « Sequana », située dans l’Ile des Impressionnistes de Chatou, fait revivre cette époque, notamment en restaurant des bateaux anciens construits sur les Bords de Seine ou les Bords de Marne, ou bien même en en reconstruisant certains comme le « Monotype de Chatou », un voilier typique de ces Bords de Seine.
Enfin, n’oublions pas les bords de l’Oise qui, entre Auvers-sur-Oise et l’Isle-Adam, ont vu également baignades et guinguettes attirer un grand nombre de Parisiens.
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