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Les Trophées de l’Aviron

Dès les premières courses d’aviron ou de périssoires organisées sur la Marne, c’est-à-dire depuis le Second Empire, les prix en espèces étaient courants, même s’ils étaient parfois complétés par une médaille ou un trophée. Déjà se posait la question des amateurs et des professionnels dans le sport. Des sociétés d’aviron combattaient pourtant cette pratique en n’offrant que des médailles ou des trophées de très grande valeur, le plus souvent en argent massif ou en bronze. Ce n’est qu’en 1902 que la Fédération Française des Sociétés d’Aviron interdit les prix en espèces.

Que sont devenus ces trophées ? Du 16 Mai au 16 Août 1998, pour la première fois en France – et sans doute la seule –, une exposition fut organisée au Musée de la Batellerie à Conflans-Sainte-Honorine sur ce thème : « Le Patrimoine de l’Aviron : les Trophées ». Une longue quête effectuée par les responsables du musée et de la F.F.S.A., en collaboration avec quelques passionnés du patrimoine, permit de retrouver, répartis dans toute la France, un grand nombre d’entre eux. Mais pour combien disparus à jamais, vendus dans des brocantes, anonymes chez des particuliers, exilés à l’étranger, volés ou détruits lors d’incendies ?

Cette opération permit de distinguer plusieurs types de trophées, en dehors des médailles obtenues par de grands rameurs comme Emile Lecuirot :

Les rameurs triomphants : typiques de la fin du siècle dernier, ils représentent le sportif debout, tenant fermement d’une main – parfois dans chaque main - un ou deux avirons. Généralement en bronze.
 
Rameur triomphant gagné par Alexandre Lein (au Musée de Nogent)
Les bateaux : l’embarcation est représentée dans son intégralité avec les rameurs en plein effort, généralement dans un mouvement « sur l’avant ». En bronze ou en régule (alliage à base de plomb ou d’étain).



La coupe de la Tête de Rivière de la Marne (1933) a été retrouvée intacte sous les cendres de la S.N.Marne











Les coupes
: presque toujours en argent massif, leurs inscriptions sont essentielles pour connaître l’histoire du trophée, son origine et les équipes l’ayant gagné.

Les plats : on y voit la plupart du temps un rameur seul, sur un modèle reproduit à l’infini, ou bien des équipes dans un paysage de rivière verdoyant, mais peu identifiable. En bronze doré, étain ou argent.


Les vases ou aiguières
: souvent ornés de sujets mythologiques ; une œuvre d’art à l’état pur, mais sans connotation sportive au niveau du sujet. Peu identifiable comme « trophée d’aviron » lorsqu’ils se retrouvent dans des brocantes ou salles de ventes.

 

La statuaire de création : peu de trophées nous sont parvenus dans ce type de prix, hormis « Le Sauvage » et le « Trophée Jean Lancelot », qui font partie de ce qu’il y a de plus original dans le monde du sport de l’aviron.
 
« Le Sauvage », rescapé également de l’incendie de l’Encou en 1979.
Le trophée le plus émouvant, hommage à un rameur tué pendant la guerre d’Algérie, Jean Lancelot, du Crédit Foncier de France (Le Perreux).

Il faut savoir que ces trophées étaient, soit définitivement acquis au rameur, soit attribués en tant que challenge au club d’aviron ayant remporté la course, et ceci pour toute l’année suivante ; puis ils étaient remis au nouveau club vainqueur, et ainsi de suite. Il était également courant que, lorsqu’une société d’aviron avait remporté 3 fois de suite le challenge, il lui était définitivement acquis.
C’est la raison pour laquelle les trophées - réservés aux vitrines du club - étaient accompagnés par des médailles, ou des petites coupes, ou parfois même par la reproduction réduite du trophée lui-même - pour les rameurs. Ils pouvaient ainsi conserver à tout jamais un souvenir de leur victoire. Cela pouvait donc aller jusqu’à un nombre de neuf, dans le cas d’une victoire d’un huit barré, le barreur n’étant jamais oublié. Tous ces objets sont aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs.

En effet, de nos jours, la plupart des compétitions qui avaient été à l’origine de ces trophées ont disparu. C’est ainsi que, bien souvent, ceux-ci sont encore dans les clubs qui les ont gagnés pour la dernière fois, avant la disparition de l’épreuve.
Quant aux prix se trouvant encore chez des familles d’anciens rameurs, on sait à quel point ils sont précieux pour l’histoire du patrimoine de l’aviron … et vulnérables.

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