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Choisir entre un parquet et un lino revient souvent à opposer le cachet naturel du bois à la praticité d’un sol synthétique. Mais dans les faits, la décision dépend surtout de la pièce concernée. Une salle de bains n’impose pas les mêmes contraintes qu’un salon, et un couloir très passant n’exige pas la même résistance qu’une chambre. Voici les critères concrets pour faire le bon choix pièce par pièce.
Qu’est-ce qui différencie vraiment un parquet d’un lino ?
Le parquet, qu’il soit massif ou contrecollé, reste un matériau vivant. Il se dilate, varie de couleur avec le temps et demande un entretien régulier. Le lino, lui, est un produit synthétique à base de PVC et de fibre de verre. Il ne bouge pas, ne craint pas l’eau et supporte un trafic intense sans broncher. L’un mise sur l’authenticité, l’autre sur la résistance et la facilité.

Composition et durabilité
Un parquet massif est fabriqué à partir d’une seule essence de bois. Son épaisseur utile (la partie qui peut être poncée) va de 14 à 20 mm. Le parquet contrecollé, plus courant aujourd’hui, assemble une couche d’usure en bois noble (chêne le plus souvent) de 2,5 à 4,5 mm sur une âme en HDF ou en bouleau. Le lino, lui, est un empilement de couches PVC : une couche d’usure transparente en surface, un décor imprimé, et une âme en fibre de verre. Sa résistance aux rayures et aux chocs est excellente, mais il ne se rattrape pas : une déchirure ou un impact profond ne se répare pas, contrairement au bois qui peut être poncé.
Résistance à l’eau
C’est le point de rupture entre les deux revêtements. Un lino de qualité est 100 % étanche. Il supporte les projections d’eau, les éclaboussures et une humidité ambiante élevée sans gonfler ni se déformer. Le parquet, même traité hydrofuge comme certains contrecollés récents, reste vulnérable. Une fuite ou une inondation peut le faire gondoler irrémédiablement. Dans une salle de bains ou une buanderie, le lino est donc le choix logique. Seul un parquet en bois exotique (teck, bambou) peut y être envisagé, mais avec des précautions d’usage et un entretien accru.
Confort et acoustique
Le lino est naturellement plus silencieux. Ses couches souples absorbent les bruits de pas, les chutes d’objets et les griffes d’animaux. Le parquet, plus dur, transmet davantage les sons, surtout s’il est posé sur une chape sans sous-couche acoustique. Avec une bonne sous-coupe isolante, l’écart se réduit, mais le lino reste plus doux sous le pied et moins sonore au quotidien.

Quel sol pour quelle pièce ? Le guide pièce par pièce
| Pièce | Sol recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salon / séjour | Parquet | Chaleur visuelle, authenticité, valeur patrimoniale. Le lino peut convenir si l’on veut un aspect bois sans l’entretien, mais le rendu reste moins noble. |
| Chambre | Parquet | Confort thermique, silence relatif, aspect apaisant. Le lino est acceptable si le budget est serré, mais préférez une qualité épaisse pour éviter la sensation de froid. |
| Cuisine | Lino | Résistance aux taches, à l’eau et aux chutes d’objets. Entretien facile. Un parquet huilé ou verni peut tenir si l’on est très vigilant, mais le risque est permanent. |
| Salle de bains | Lino | Étanchéité totale. Le parquet n’est envisageable qu’en bois exotique ou bambou, avec pose collée et joints étanches. Pas de parquet massif ni contrecollé standard. |
| Entrée / couloir | Lino (ou parquet très résistant) | Trafic intense, saleté, humidité des chaussures. Le lino encaisse sans faiblir. Un parquet contrecollé avec une couche d’usure épaisse (4 mm minimum) peut passer, mais il faudra le protéger avec un tapis. |
| Buanderie | Lino | Humidité constante, projections, lessive. Le parquet est déconseillé. |
| Salle de jeux / bureau | Lino | Résistance aux rayures, aux taches (encre, feutres), silence. Le parquet peut être abîmé par les chaises à roulettes ou les jeux d’enfants. |
Les critères de choix à ne pas négliger
Le budget : un écart qui se resserre
Le lino est souvent présenté comme l’option économique. C’est vrai pour l’entrée de gamme : comptez 10 à 30 € le m² pour un lino standard. Mais un lino de qualité, avec une couche d’usure épaisse et un décor réaliste, peut grimper jusqu’à 50 ou 60 € le m². Le parquet contrecollé démarre autour de 19 € le m² et peut atteindre 139 € pour des essences rares ou des finitions haut de gamme. Le massif, lui, oscille entre 29 et 169 € le m². L’écart se réduit donc si l’on compare des produits de qualité équivalente. Le vrai différentiel, c’est la durée de vie : un parquet massif se ponce et se rénove, il peut durer 50 ans ou plus. Un lino, même de bonne facture, devra être changé au bout de 15 à 25 ans.
La pose : deux philosophies
Le lino se pose rapidement, souvent en pose flottante (lames clipsables) ou collée. C’est un chantier propre et rapide. Le parquet contrecollé se pose aussi en flottant, ce qui le rend accessible aux bricoleurs. Le massif, lui, demande une pose clouée ou collée, plus technique et plus longue. Si vous devez poser vous-même, le lino et le contrecollé sont à égalité. Si vous faites appel à un professionnel, la main-d’œuvre pour un parquet massif sera plus élevée.
L’entretien : le vrai confort au quotidien
Le lino se nettoie à l’eau savonneuse ou avec une serpillière humide. Pas de produit spécial, pas de cire, pas de ponçage. Le parquet, lui, demande plus d’attention. Un parquet vernis se nettoie à sec ou avec une serpillière très peu humide. Il faudra le reponcer et le revernir tous les 3 à 4 ans. Un parquet huilé, plus tendance, doit être rehuilé tous les 2 à 3 ans pour éviter l’encrassement. Si vous n’avez pas le temps ou l’envie de cet entretien régulier, le lino est plus adapté.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Poser un parquet standard dans une salle de bains. Même un contrecollé traité hydrofuge n’est pas conçu pour une humidité constante. À la première fuite, les lames gonflent et le sol est à refaire.
- Choisir un lino trop fin pour une cuisine. Un lino d’entrée de gamme (moins de 2 mm d’épaisseur totale) se marque sous le poids des appareils et se déchire facilement. Préférez une épaisseur d’au moins 3 à 4 mm.
- Oublier la sous-couche acoustique sous un parquet. Sans elle, le bruit des pas se propage dans les pièces du dessous. C’est une source de conflit fréquente en appartement.
- Poser du lino sur un sol chauffant sans vérifier la compatibilité. Tous les linos ne sont pas adaptés. Vérifiez la conductivité thermique annoncée par le fabricant. Le parquet contrecollé est généralement compatible, le massif est déconseillé.
- Négliger le classement UPEC. Ce système (Usure, Poinçonnement, Eau, Chimie) permet de choisir un sol adapté à l’usage. Pour une cuisine, visez au moins U3 P3. Pour une entrée, U4 P3. Le lino et le parquet ont leurs propres classements ; ne les ignorez pas.
Parquet ou lino : un choix qui n’est pas définitif
Si vous hésitez encore, posez-vous cette question : quelle est la pièce la plus humide ou la plus sollicitée de votre logement ? Si la réponse est la cuisine, la salle de bains ou l’entrée, le lino est le sol le plus raisonnable. Pour un salon ou une chambre où le confort visuel et la valeur patrimoniale priment, le parquet reste imbattable. Dans un logement locatif, le lino peut être un bon compromis pour limiter les risques de dégradation. Dans une maison que vous occupez, le parquet apporte une plus-value durable. L’astuce, si votre budget le permet, est de mixer les deux : du parquet dans les pièces de vie, du lino dans les zones techniques. Cela évite de faire un choix unique qui vous obligerait à sacrifier soit l’esthétique, soit la praticité.
